Théorie des couleurs – Numérique Vs Argentique

#couleur #LUT #cinema #argentique #emulsion #spektrafilm

Tip

Couper l’info, direct au travaill… [[#Installation rapide (macOS)]]

Pourquoi?

1. La réponse spectrale n’est pas RGB

Un capteur numérique lit la lumière en trois canaux (Rouge, Vert, Bleu) avec des filtres de Bayer. Le film argentique, lui, a trois couches d’émulsion chimique, chacune sensible à une bande spectrale, mais ces bandes se chevauchent de façon complexe et non linéaire.

Résultat : deux couleurs qui semblent identiques à un capteur numérique peuvent se révéler différentes sur film, parce que le film “voit” des nuances spectrales que le RGB simplifié ne distingue pas.

2. Les coupleurs de couleur

Pendant le développement chimique, les couches de colorants ne fonctionnent pas indépendamment. Des molécules appelées coupleurs interagissent entre elles :

→ C’est exactement ce que [[#Spektrafilm]] modélise.

3. Le grain

Le grain argentique n’est pas du bruit numérique. C’est la distribution aléatoire de cristaux d’halogénure d’argent qui ont capté des photons. Ce grain a une texture organique, corrélée à la luminosité (plus visible dans les demi-teintes), et sa taille varie selon le film stock.

Le bruit numérique est uniforme et aléatoire. Le grain argentique est structuré et “beau”.

4. L’halation

Quand une source lumineuse très vive frappe le film, la lumière pénètre la couche d’émulsion, atteint la base du film, et rebondit — éclairant légèrement les bords de la source lumineuse d’une couronne rouge-orange. C’est l‘halation.

Sur le digital : ça n’existe pas nativement. Les LUT et plugins de simulation le recréent artificiellement.

5. La compression des hautes lumières

Le film “brûle” progressivement vers le blanc — il y a une zone de transition douce. Le digital clippe brutalement : une valeur de 255 est 255, il n’y a rien au-delà. C’est pourquoi les images numériques surexposées semblent “électroniques” et les photos argentiques surexposées restent souvent belles.


Spektrafilm

spektrafilm (par Andrea Volpato, chercheur au KTH Stockholm) un outil open source de simulation physiquement basée du film photographique argentique. Contrairement aux plugins qui imitent l’apparence du film par des ajustements empiriques (“ça ressemble à du Portra”), spektrafilm part des données spectrales publiées par les fabricants (Kodak, Fujifilm) et reconstruit le processus chimique de A à Z.

C’est un projet GPLv3 — tout travail dérivé doit rester open source.

Comment ça fonctionne

  1. Entrée — une image RAW de caméra (linéaire, scene-referred)
  2. Négatif virtuel — projection de la lumière sur une émulsion simulée, avec des sensibilités spectrales réelles par couche (rouge, vert, bleu)
  3. Développement chimique — application des courbes densité/exposition, simulation des coupleurs (masking, inhibitor), du grain stochastique, de l’halation
  4. Tirage papier virtuel — projection du négatif sur un papier photo (ex. Kodak Portra Endura) avec un agrandisseur à filtres dichroïques
  5. Scan virtuel — la lumière réfléchie par le tirage est “captée” par un scanner simulé
  6. Export — image finale ou LUT
RAW → [Négatif argentique virtuel] → [Développement + coupleurs] 
    → [Tirage papier] → [Scan] → Image / LUT

Profils disponibles

Spektrafilm utilise des données de fiches techniques officielles. Parmi les profils modélisés :

Interface GUI

Spektrafilm inclut une interface graphique napari qui permet d’ajuster interactivement :

Liens

Installation rapide (macOS)

uvx --python 3.13 --from git+https://github.com/andreavolpato/spektrafilm.git spektrafilm

Ou pour un usage permanent :

uv tool install --python 3.13 git+https://github.com/andreavolpato/spektrafilm.git
spektrafilm  # lance la GUI

Références

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